Le Covid19, quelle histoire !

par Karl Sigwald

Chronique

« Inédite », c’est souvent le terme employé pour qualifier la période de confinement dont nous commençons (peut-être) à voir la fin.

« Inédite », c’est aussi le mot qu’utilisent les éditeurs et autres diffuseurs d’histoires pour annoncer quelque-chose de nouveau ; parfois même quelque chose de nouveau dans quelque chose d’habituel. Un épisode inédit d’une série qui a déjà plusieurs saisons à son actif.

Cet épisode inédit suscite toujours de l’intérêt chez les spectateurs qui connaissent la série.
Certains sont fascinés par la découverte de ce pas de côté dans le long parcours des saisons de la série car il amène de nouveaux personnages, un éclairage sur les personnages existants et même parfois des clefs de compréhension supplémentaires pour l’histoire principale.

D’autres sont rebutés, voire agacés par ce soubresaut dans le long fleuve tranquille de la série. Ils n’y voient aucun intérêt et, au contraire, considèrent que cette grossière incursion dénaturent l’esprit et l’univers de l’histoire dans laquelle ils étaient si bien installés.

Quoiqu’il arrive, l’inédit bouscule, réveille, dérange. L’inédit est créateur de nouveauté.
C’est un ajustement de l’histoire qui implique un ajustement du spectateur.

L’épisode du confinement a rebattu les cartes de nos histoires et de notre Histoire et nous a tous obligés à nous ajuster.

Deux possibilités s’offraient à nous : un ajustement créateur ou un ajustement conservateur. Choisir de faire quelque chose de nouveau ou bien mettre son énergie à protéger sa vie d’avant.

Les réseaux sociaux et la presse se sont faits écho de tous ces choix qui, pour certains, sont devenus des tendances : l’envie d’une maison de campagne, la confection de pain, l’extrême mobilité du travail à distance…

J’ai vécu cet épisode comme chacun d’entre nous et cette expérience m’a fait prendre conscience de plusieurs choses : nos histoires s’imbriquent les unes dans les autres et forment l’Histoire avec un « h » majuscule. Cette imbrication nous fait croire que nous sommes dans un flux, un courant qui nous entraine inexorablement dans une direction que nous n’avons pas choisie.

Certes, nous sommes soumis aux lois de l’Univers et ces dernières ont la réputation d’être insondables. Nous suivons effectivement le mouvement de l’Histoire mais nous restons les héros des nôtres. Comme tous les héros, nous poursuivons une quête et cet objectif nous met en mouvement. Nous faisons des choix pour esquiver les embûches. Nous apprenons de notre expérience.

Le ralentissement de l’Histoire à travers cet épisode inédit a permis à nos histoires d’émerger du tumulte. Nous pouvons aujourd’hui nous souvenir que, même soumis aux règles de l’univers, chacun d’entre nous a le pouvoir créateur du héros dans son histoire.

Quel héros sommes-nous ? Quelle est notre quête ?

Ces questions basiques dont les réponses sont données souvent au début des livres et des films, nous avons l’opportunité de nous les poser aujourd’hui.

Prendre conscience de notre place de héros dans notre histoire, c’est se ré-approprier la seule maîtrise de l’écriture de cette histoire. Pour beaucoup d’entre nous, l’histoire est écrite par d’autres, par un système, une entreprise, une société. Dans beaucoup d’histoires que nous lisons ou que nous regardons, le personnage principal est au début prisonnier d’un système jusqu’à ce qu’il comprenne sa capacité de choisir. À ce moment, il devient le héros et il commence sa quête. Plus personne n’écrit l’histoire pour lui. Aussi modeste soit-il, il est le seul maître de son destin.

Prendre conscience d’être le héros de son histoire, c’est poursuivre une quête. Terme grandiloquent qui signifie plus concrètement que notre énergie ne se met vraiment en mouvement que si nous avons choisi un objectif à atteindre, un idéal à approcher.
Immanquablement, la poursuite de cette quête, aboutie ou non, permet au héros de se révéler c’est-à-dire de changer, de se transformer. Que l’on appelle cela maturité, épanouissement ou simple prise de conscience, le héros progresse et se transforme.

Quel héros sommes-nous ? Quelle est notre quête ?

Voici les questions qu’il est nécessaire de nous poser à ce stade de notre Histoire et de nos histoires pour que l’histoire continue.

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